Episode 1 – Avant le diagnostic du TDAH…

par | 7 Fév, 2020 | Mon vécu de maman, TDAH | 0 commentaires

Mon fils a déjà 6 ans lorsqu’il est diagnostiqué (nous sommes en 2008) mais cela fait bien longtemps que je soupçonnais son existence.

Bien que ce soit mon premier enfant, de nombreux signaux m’interpellaient : 

Une hyperactivité motrice précoce :

  • Un bébé qui bouge sans cesse, je le revois tenter de soulever sa tête dans les jours qui suivent sa naissance !
  • Il était très précoce sur le plan moteur. Il s’est tenu assis rapidement, a marché à quatre pattes très tôt et a commencé à cavaler à 10 mois !  Il surprenait sa pédiatre qui à chaque visite ne cessait de dire « Qu’est ce qu’il est tonique ! ».
  • Il était extrêmement vif avec une force étonnante : impossible de récupérer ma tignasse dans sa main ! C’était un bébé tout en muscle, ses biceps et ses quadriceps étaient bien saillants et bien visibles !
  • Il n’était jamais statique sauf lorsqu’il dormait et avait continuellement les bras ou les pieds en mouvements.

Une absence de prise en compte des consignes : prémices du déficit d’attention

  • Je peinais à me faire écouter car son esprit semblait ailleurs. Il était constamment en mouvement et ne semblait pas intéressé par mes mises en garde.
  • La halte-garderie attira d’ailleurs mon attention sur ce point, il est alors âgé de 2 ans : il n’écoute pas les consignes des adultes!

Une  forte impulsivité: 

  • Il se mettait facilement en danger malgré mes nombreuses mises en garde et n’avait peur de rien!
  • Il réitérait les mêmes erreurs et ne semblait pas tirer les leçons de ses expériences passées.
  • Il ne prenait pas le temps d’analyser ni d’évaluer la prise de risque, il agissait point.
  • Il n’anticipait pas les conséquences de ses actes.
  • Toutes ses actions se faisaient dans la précipitation, il donnait l’impression de ne pas avoir de contrôle de lui-même.

L’entrée à l’école maternelle : Le calme avant la tempête !

La petite section se passe relativement bien, en même temps. Je fais le choix de ne le scolariser que la matinée car je suis en congés parental. Il apprécie énormément son institutrice qui est à la fois très tolérante et très compréhensive : excepté un déclenchement d’alarme incendie (LOL), rien ne lui est reproché !

La seconde année marque le début du calvaire avec l’institution scolaire : Il est étiqueté « cancre » et passe une partie de ses journées en punition : puni de récréation (très pratique quand on est hyperactif !), puni d’activités, puni de goûter, exclusion de la classe etc…

Il le vit de plus en plus mal, je dois l’emmener de force à l’école… Malgré de nombreux échanges avec son enseignante, aucune solution ne se dégage… on me suggère de l’emmener voir un psychologue, ce que je fais.

La psychologue  le suit quelques mois, m’informe que mon fils va très bien et qu’elle ne voit donc pas l’intérêt de poursuivre les séances.

16h30, l’heure des « papa et des mamans » se transforme pour moi en séance d’humiliation quotidienne : l’enseignante me dresse, devant tous les autres parents, le procès-verbal de toutes les «bêtises» de mon fils. Je lis dans le regard des autres parents, que je suis condamnée par le tribunal populaire…

A ce stade, je ne sais plus quoi faire : plus l’école me met la pression, plus je la reporte sur mon fils par ricochet et plus son comportement se dégrade…

L’année s’achève, je suis exténuée, le moral est au plus bas et mon fils a une aversion profonde pour l’école.

En grande section de maternelle, la même histoire se répète dès le mois de septembre et au mois d’octobre après un dernier échange houleux avec son enseignante, je décide de le déscolariser. La dernière chose que j’ai entendu de son enseignante est « Si vous le déscolarisez, vous allez compromettre son avenir ! ».  « Oh non Madame, je vais le sauver d’une dépression précoce et lui redonner le droit d’être un enfant heureux » lui ai-je répondu.

Entre temps, j’avais lu énormément d’ouvrages et je suis finalement tombé sur une vidéo qui traitait du TDAH, j’ai aussitôt reconnu tous les traits caractéristiques de mon fils. Un peu soulagée de pouvoir mettre des mots sur son comportement, je prenais RDV avec un hôpital parisien spécialisé, le délai d’attente pour obtenir un premier RDV sera de 18 mois !

Conclusion

Au vu de mon expérience et des nombreuses mamans rencontrées, la période qui précède le diagnostic est une période délicate à gérer.

Chaque maman a cette intuition qui lui fait prendre conscience que quelque chose ne va pas. Il ne faut pas hésiter à se rapprocher des associations spécialisées dans le TDAH puis à prendre un rdv dans un service médical spécifique. Les délais d’attente sont très longs, plus tôt le diagnostic est posé plus tôt l’enfant pourra bénéficier de mesures d’accompagnements sur le temps scolaire.

En France, l’âge moyen du diagnostic par un spécialiste se situe à 9-10 ans. C’est un délai tardif et pénalisant pour l’enfant qui est traité comme les autres alors qu’il a des besoins spécifiques. Cette absence de prise en charge peut entraîner des retards scolaires difficiles à rattraper par la suite.

L’instruction à domicile peut parfois être une solution lorsque l’enfant est en souffrance. En ce qui me concerne j’ai fait le choix de le déscolariser une année puis de le remettre dans le système scolaire l’année du CP.

Cette année de répit nous a permis de retrouver une sérénité familiale que nous avions perdu depuis son entrée à l’école maternelle. Nous nous adaptions à son trouble et cela se passait très bien.

En le faisant travailler uniquement 30 minutes par jour avec des supports ludiques, il maîtrisait les bases de la lecture et de l’écriture en entrant en CP. L’autre avantage est que cette année de coupure lui avait donné envie de retourner à l’école, c’est une des raisons pour lesquelles je l’ai re-scolarisé. Le diagnostic n’est intervenu qu’en fin d’année de CP, il n’a donc eu aucun aménagement cette année-là. L’avance acquise sur le programme scolaire lui a permis de terminer son année sans difficulté.

La suite, au prochain épisode…

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